extrait fleur du désert de waris dirie a propos de l excision

Publié le par hYssY

"Devenir femme
Le moment était venu pour Aman, ma soeur ainée, d'être excisée. Comme toutes ses soeurs cadettes, je l'enviais, j'étais jalouse de la voir entrer dans le monde des adultes qui m'était encore fermé. Aman était encore une jeune adolescente, ayant largement dépassé l'âge normal de l'excision, mas jusque-là, l'occasion ne s'était ps présentée. Ma famille se déplacant sans cesse, nous avions toujours manqué la femme qui pratiquait ce rituel ancien.
Mon père se montrait de plus en plus inquiet car Aman allait bientôt être en âge de se marier, mais aucune union n'était possible tant que sa fille n'était pas correctement 'préparée'. En Somalie, la croyance veut que les filles aient entre les jambes des choses très mauvaises, des parties de leurs corps avec lesquelles elles sont nées et qui pourtant sont sales et doivent être supprimées. Le clitoris, les petites lèvres et la majeure partie des grandes lèvres sont coupés, puis la plaie est recousue, ne aissant qu'une cicatrice à la place des organes génitaux. Mais les détails de ce rituel demeurent un mystère pour les filles, rien ne leur est expliqué avant la cérémonie. Elles savent que quelque chose de particulier leur arrivera quand leur tour sera venu.
Par conséquent, toutes les petites filles en Somalie attendent avec impatience cette cérémonie qui permet à une enfant de devenir femme. A l'origine, cela se passait à la puberté, et le rituel avait alors une certaine signification, car la jeune fille était désormais fertile et capable d'avoir des enfants. Mais avec le temps, l'excision s'est pratiqué sur des filles de plus en plus jeunes, en partie parce que ces dernières attendaient avec impatience ce 'moment particulier', comme un enfant des pays occidentaux attend son anniversaire ou la venue du père noel.

Quand j'ai su que la vielle femme venait exciser Aman, j'ai voulu qu'on me fasse la même chose. Aman était ma très belle soeur ainée, mon idole, et tout ce qu'elle désirait ou avait, je le voulait aussi. La veille du grand évènement, j'ai supplié ma mère en lui tirant par le bras :
-Maman, fai-le pour nous deux en même temps. s'il te plait, toutes les deux!
Ma mère m'a repoussée :
-Tais toi ma petite fille.
Pourtant Aman ne paraissait pas tellemen impatiente. Je me rapelle l'avoir entendue marmonner :
-J'espère seulement que ca ne finira pas comme pour Halemo.
Mais à l'époque, j'étais trop jeune pour comprendre ce que ca voulait dire, (...)
Très tôt le matin, ma mère et une de ces amies sont venues chercher ma soeur. J'ai insisté pour les accompagner, mais maman m'a dit de restr là et de garder les enfants. Cette fois encore, je l'ai suivie, me cachant dans les broussailles et derrière les arbres, rstant à une distance prudente.
La femme est arrivée. Dans notre communauté,  on la considère comme un important, non seulement parce qu'elle possède un certain savoir, mais également parce qu'elle gagne beaucoup d'argent en pratiquant ces excisions. Le prix à payer pour cette cérémonie représente une très grosse dépenses pour une famille, mais il considéré comme un bon placement puisque les filles qui ne sont pas excisés ne peuvent pas être mises sur le 'marché' du mariage. Avec leurs organes génitaux intacts, elles sont jugées inaptes au mariage, et passent pour des filles faciles et sales dont aucun homme ne voudrait pour épouses. La 'bohémienne', comme certains l'appellent, est donc un membre important de notre société ; moi, je la nomme la tueuse, à cause de toutes ses petites filles qui sont mortes par sa faute.

Caché derrière un arbre, je regardais Aman assise sur le sol. Puis ma mère et son amie l'ont attrapé par les épaules et l'ont obligée à se coucher. La femme a mis les mainsnentre les jambes de de ma soeur, et j'ai vu une expression de douleur passer sur le visage d'Aman. Ma soeur était grande et avait beaucoup de force. Soudain, elle a donné un coup de pied dans la poitrine de la vielle femme, la faisant tomber à la renverse, puis elle s'est débattue contre elle et ma mère qui la maintenaient au sol, et réussi à se relever. J'ai vu avec horreur du sang couler le long de ses jambes et laisser une trainée sur le sable tandis qu'elle se sauvait en courant. Toutes les deux se sont précipitées derrière elle, mais ma soeur les avaient largement distancées quand elle s'est écroulée évanouie. Elles l'ont retournée sur le dos et ont continué leur travail. Je ne pouvais plus regarder, je me sentais malade, et je suis rentrée au campement.
A présent je savais quelque chose que j'aurais préféré ignorer. Je ne comprenais pas  ce qui s'était passé, mais j'étais terrifiée à l'idée que l'idée que cela m'arriverait à moi aussi. Je ne pouvais pas interroger ma mère car je n'étais pas censée avoir assisté à cette scène. Tandis que ses plaies se cicatrisaient, Aman est restée séparée des autres enfants. Quand je l'ai vue, je lui ai demandé :
-comment ca s'est passé?
-c'était horrible...
Puis elle s'est interrompue, je suppose qu'elle a préféré ne pas me dire la vérité sachant que je devais être excisée à mon tour, et que j'aurais alors très peur au lieu d'attendre ce moment avec impatience.
-de toute facon, ce sera bientot ton tour, et se sera bien assez tot.
Elle ne m'en a pas dit d'avantage.
A partir de ce moment la, j'ai redouté ce rituel auquel je devais être soumise et qui ferait de moi une femme. Je me suis efforcée de chasser de mon esprit ces images horribles et, le temps passant, le souvenir de la douleur que j'avais lu sur le visage d'Aman s'est estompé. J'ai fini par me convaincre stupidement que je désirais moi aussi devenir une femme et rejoindre ainsi mes soeurs ainées.
(...)
La nuit précédent monn excision, ma mère m'a conseillé de ne pas boire beaucoup d'eau ni de lait de facon à ne pas boire beaucoup d'eau ni de lait, de facon à ne pas avoir trop envie de faire pipi. Je ne savais pas pourquoi elle me disait cela, mais je n'ai pas osé de questions, et je me sui scontentée de hocher la tête. J'étais nerveuse, mais impatiente d'en finir. Dans la soirée, tout le monde a été aux petits soins pour moi et, comme le voulait la tradition, j'ai eu d'avantage de nourriture que les autres ; c'était une des raisons qui m'avaient fait envier mes soeurs ainées. Juste avant que je me couche, ma mère m'a dit :
-je te réveillerai demain matin, quand ce sera le moment.
Très énervée, j'ai mal dormi ce soir la jusqu'a ce que je vois ma mère se penche sur moi.ait encore sombre ; Le ciel était encore sombre, c'était juste avant l'aube, quand le noir devient imperceptiblement gris. Elle m'a fait signe de ne pas parler et a pris ma main. J'ai attrapé ma couverture et, à moitier endormie, je l'ai suivie en trébuchant. A présent je sais pourquoi on préfère emmener les petites filles si tot le matin. On pourra les exciser avant que les autres soient réveillés et n'entendent leurs cris.
Nous éloignant de la hutte, nous nous sommes enfoncées dans les broussailles. Maman a dit :
-on va attendre ici.
Nous nous sommes assises sur le sol froid. Le jour se levait lentement, et on distinguait à peine les formes autour de nous. J'ai bientot entendu le cliquètement des sandales de la vielle femme.
-Assied toi ici..
Elle ne m'a rien dit d'autre, ni bonjour, ni comment vas tu..
(...)affiche-fleur-du-desert1-150x150.jpg

bande annonce du film link

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Commenter cet article
S
<br /> Il y a une campagne qui vise a diaboliser la castration physique et l'excision traditionelles ,mais,je crois que ce n'est en définitive qu'une campagne publicitaire pour modeler les pensées des<br /> gens qui ne s'intéressent pas a ces sujets ,qui ne connaisent pas ces sujets et vendre des tèchniques modèrnes .<br /> Dans ma vie,j'ai recontré des hommes castrés pour leurs comportement impudiques .<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Si c'etait un homme a votre place on lui couperait le pénis ? :-)<br /> Il y en a qui se le font faire volontairement .<br /> <br /> <br />
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